11 juillet 2008
Dans le monde de Miyasaki...
Alors que tout doucement la blogosphère se fond et se fait oublier dans la douce quiétude des longues et chaudes journées de vacances, nous sommes heureusement encore quelques unes, bien accrochées au clavier de notre ordinateur, oeuvrant ça et là pour que nos blogs ne s'endorment pas totalement...
Pour celles qui restent bien fidèles au poste, je vous emmène pour une ultime et presque irréelle promenade à Matsumoto.
... En fait, hormis ma recherche de tissus, le but premier de ma sortie matinale ce jour là, était de me rendre au Matsumoto-Jo, le plus vieux château en bois du Japon, construit vers la fin du XVIème siècle et aujourd'hui déclaré trésor national.
En arrivant dans les jardins du château, je fus stupéfiée. Un étrange frisson m'a traversée.
Enfin j'y étais. Enfin je me sentais au Japon. J'avais subitement oublié toute notion de réalité et de temps. J'avais l'impression de rentrer dans un des poétiques films de Miyasaki. C'est celà... J'étais en plein dans Chihiro...
Par deux fois dans la même journée, j'ai eu l'immense émotion de me rendre à ce château et me plonger dans quelques rêves...
Ici et là, quelques discrets gardiens des lieux...
Emportée par mon imagination, sur le chemin me ramenant à mon hôtel, il m'a bien semblé croiser un "chat- chien"... Et dans une maisonnette sortie de nulle part au milieu des immeubles récents, un curieux et fier petit bonhomme, noyé sous un tas croulant de vieux bouquins et bouts de papiers poussiéreux se tenait là, immuable, intemporel, sans âge...
Ainsi s'achève le récit de mon périple japonais. Peut être quelques autres souvenirs feront-ils surface ces prochains jours... Mais pour l'heure, j'oublie le monde virtuel pour prolonger encore quelques heures dans ces souvenirs irréels...
07 juillet 2008
Le recueillement de la shoppeuse
Le sac de tissus suspendu au bras, j'ai continué ma promenade le long de la rivière Metobagawa qui traverse Matsumoto.
Jetant un coup d' oeil furtif et désintéressé aux étalages des marchands d'artisanat et de brocante installés dans les petites baraques en bois qui longent le cour d'eau, mon attention a été attirée par un îlot de verdure abritant un temple.
Mes connaissances en matière de religion étant très limitées, voire inexistantes, je ne saurais vous dire à quelle pratique ce temple est destiné. Toujours est-il que j'ai apprécié l'harmonie de l'endroit.
Si, lors de notre tournée en Corée en octobre dernier, j'ai pu sortir des villes pour partir à la recherche des temples perchés dans les montagnes, cette fois, il n'y a vraiment qu'à Matsumoto que j'ai réellement vu et profité de l'atmosphère particulière et accueillante qui se dégage de ce genre de lieu.
Jusque là, je n'avais croisé sur mon chemin, que des temples miniatures, coincés entre deux immeubles vitrés des grandes villes. Et ce n'était que par le plus grand des hasards que je les apercevais.
Sous le regard étonné de quelques japonais venus se recueillir au passage, je n'ai cependant pas hésité à mitrailler le site avec mon vieil APN (c'est peut être pour ça que les autochtones me dévisageaient. Ou peut être était-ce mon sourire béat et mes yeux de merlan frit. J'ai toujours un air ridicule quand je suis contente et à mon aise...).
Pour quoi ne me ferais-je pas passer dans le but de ramener quelques souvenirs visuels?



Entre ces deux arbres, des petits bouts de papiers noués autour d'un fil, pour annuler le "mauvais sort" dont ils sont porteurs...
06 juillet 2008
C'est à la fin que tout commence...
Prise dans mon enthousiasme de moment, je pensais pouvoir trouver les mots justes et nécessaires pour vous raconter encore et encore moult japonaiseries.
Quelques jours après mon retour et quelques heures de sommeil toujours pas récupérés, je ne trouve pas le moyen de décrire et vous faire partager mes émotions lorsque nous sommes arrivés le week-end dernier à Matsumoto.
Il y a des souvenirs indescriptibles, que le simple fait de s'évertuer à les retracer en détail en briserait la magie.
Au risque de passer pour une fameuse paresseuse (soit dit en passant, vous avez le droit de le penser, vu qu'en ce moment, moins j'en fait, mieux je me porte!), ces prochains jours, ce sont par des photos que je compte vous narrer mes derniers émois nippons. Mes clichés sauront certainement "s'exprimer" bien mieux que moi.
Quittant les côtes surpeuplées aux mégalopoles interminables, c'est un apaisement soudain que nous avons tous ressenti en descendant du train, tard dans la nuit, à la gare de Matsumoto .
L'air était enfin frais, l'atmosphère respirable. Pas d'hôtel dans une tour vertigineuse, mais un bâtiment accueillant aux dimensions humaines.
Le calme...
Au lendemain matin, la surprise était de taille. Le soleil resplendissait. Tout autour de la ville, les montagnes, si proches, si perceptibles. Nous étions au pied du Parc National des Alpes japonaises...
Le nez mit dehors relativement tôt, sortie seule pour optimiser au mieux les 3 heures de temps libre qui m'étaient alors offertes avant de repartir pour le sacro-saint travail, je savais que c'était dans cette ville que j'allais trouver mon bonheur.
Objectifs bien précis listés dans ma tête, je m'étais remise en quête d'une menue séance de shopping. Dans une petite ville où l'artisanat et les galeries d'artistes règnent, était-il alors possible que je trouve enfin la petite boutique de tissus que je cherchais depuis presque 15 jours?
Le pas léger, je suis donc partie en chasse, me perdant volontairement très vite dans les petites rues tranquilles, m' extasiant comme une gamine devant les maisons. Après avoir vu autant de buildings, j'avais enfin l'impression de découvrir le Japon, de m'imprégner même d'une très infime partie de leur culture et civilisation...
C'est étrange à dire, mais dans un rêve lointain, je me sentais et j'étais japonaise...
Pour dire combien mon esprit était chamboulé sur le moment, même les plaques des égouts de la ville, toutes ouvragées et peintes de différentes couleurs attiraient mon attention. (Et c'est là que je me dis qu'au grand jamais, non, je ne me moquerai plus du dégainage infernal de l'appareil photo du touriste japonais. Non, jamais. Les plaques d'égouts... enfin!!)
Longeant ensuite la rivière Metobagawa, j'ai fini par arriver au quartier de Nakamachi où l'essentiel des boutiques et ateliers y sont concentrés.
Évidemment, je l'ai trouvée mon commerce de tissus! Après toutes mes infructueuses recherches! Et que dire de la sensation et l'attention que j'ai suscitées! Une étrangère, par tous les bouddhas! J'ai été scrutée, épiée, mais servie aux petits soins! Des "arigato" à n'en plus finir, de la courbette contagieuse et encore de l' "arigato"...
Malgré sa vétusté et sa vieillerie, la boutique aurait mérité que je la dévalise. Des soies, des perles, des rubans, des dentelles, des breloques... La valise étant déjà bien pleine et lourde de mes précédents achats, mon attention est restée fixée sagement et raisonnablement sur de petits coupons de tissus aux imprimés que seuls les japonais osent et savent faire.
Aujourd'hui, il ne me reste plus qu'à réfléchir sérieusement à leur destinée...
04 juillet 2008
Preuve en image
S'il n'est pas exceptionnel de croiser sur son chemin, un "pet shop" ou autre boutique du genre, le dénominatif canin en revanche, se fait plutôt rare.
Au Japon, être propriétaire d'un chien s'avoue être un luxe que peu de citadins peuvent se permettre.
Cependant, si de ce fait, se promener en compagnie de sa fidèle boule de poil ne passe pas inaperçu, est-il vraiment nécessaire, en plus, d'affubler la pauvre bête d'un tel accoutrement? (Je sais, la photo n'est pas représentative, vu que le chien, je dirais même la chienne dans ce cas, semble très fière de sa tenue...)

"Mon dieu qu'elle est mignonne!"... (hem)
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Vous excuserez la pauvreté de ce billet.
Ce blog est momentanément en friche (et plonge dans des profondeurs abyssales de nullité), pour cause de repos obligatoire de sa propriétaire, qui reviendra certainement en plus grande forme après un long et doux week-end sans doute mérité.
Jaa!
02 juillet 2008
Contrastes
Pendant que ces 24 prochaines heures vont être occupées par notre voyage de retour en France, en espérant que cette expédition ne soit pas aussi chaotique qu'à l'aller, je vous fait partager quelques vues prises du haut de ma chambre située au 37ème étage de l'hôtel dans lequel nous étions logés à Hamamatsu.
Jusqu'à présent, jamais je n'avais occupé des hôtels d'une telle taille et capacité d'accueil. Il va de soit que pour gérer autant de personnes, les japonais ont un sens très développé pour tout ce qui est gestion et organisation. La foule ne les effraie point, même quand il s'agit de bandes d'affamés prêts à s'entretuer pour obtenir quelques pains au lait au petit déjeuner. (Soit dit en passant, je n'ai mangé QUE japonais ces dernières semaines. Petit dej' compris. Alors pour les pains au lait et autres viennoiseries, je n'étais pas de la bataille. Mais j'ai assisté...)
Dormir aussi haute perchée était également une first time. Hormis le fait qu'il était impossible d'ouvrir nos fenêtres pour prendre la température de l'air ambiant depuis notre 37ème étage, cette élévation était fort agréable. Autant pour la vue sur la ville que pour la sensation de se sentir comme un oiseau survolant le bas et vaste monde des humains.
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Mon état général en cette fin de tournée étant comparable à un citron pressé jusqu'à sa dernière goutte, je crois que je vais avoir besoin de beaucoup d'heures de repos avant de revenir ici vous conter encore quelques périples et souvenirs japonais. A très bientôt!
30 juin 2008
Monomaniaco-fripée...
Hamamatsu. Cité au Sud de Tokyo dans laquelle nous avons profité de notre seul et unique jour de congé.
Que faire d'une journée de libre? Et bien, maintenant que vous commencez à me connaître, je pense que vous trouverez facilement la réponse.
Oui, il s'agit bien toujours et encore de ma folie du shopping compensatoire, utile et pas futile.
Le temps libre nous étant compté, j'avais des objectifs bien précis quant à mes recherches d'achats. Trouver des cadeaux et des souvenirs pour ma lointaine famille et des envies bien précises de tissus et autres babioles me concernant.
Malgré la taille de la ville qui était, pour une fois depuis notre arrivée au Japon, de dimension à peu près humaine, j'ai déambulé de rues en ruelles, de galeries commerçantes en immeubles sans assouvir aucunement et pleinement tous mes désirs. Dieu, que c'est frustrant tout ça!
Certes, j'ai déniché sans aucun mal des boutiques complètes de "kawaïeries" très tentantes. J'ai raflé la bonne partie des magasins (bon, d'accord, j'exagère un peu). Juste de quoi plomber suffisamment la valise de l'Homme, qui, soit dit fièrement en passant, a des dimensions drôlement plus importantes que la mienne.
Les différents points de ma liste de cadeaux ayant été pour la plupart pointés, je me suis dis, du haut de mon égoïsme, que c'était bien beau tout ça, de penser aux autres. Mais mon cadal à moi, il est où? (Oui, je suis une menteuse aussi, parce qu' évidemment, je me suis choisi quelques japoniaiseries au passage. Mais ça ne compte pas.)
J'ai erré d'autant plus que, dans le dédale des commerces de la godasse, rien ne me plaisait, que de la nippes, rien ne m'a tapé dans l'oeil (enfin si, à part chez Issey Miyake. Mais me ruiner n'était pas mon objectif du jour).
Jusqu'à de que je tombe par le plus grand et heureux des hasards, sur une petite boutique so vintage, où une jeune fille était en train de soigneusement repasser du chemisier fleuri.
Ô! Joie! Voici comment je fut comblée et récompensée de toute ma fatigue et mes efforts, de quelques vieilles frusques qui m'ont mises en émoi.
Je me retrouve ainsi propriétaire d'une robe qui a fait hurler de rire quelques collègues (pff, comprennent rien au vintage, c'est tout!), d'une jupe rayée qui pourra être portée également en robe, de deux sacs, d'une ravissante ceinture en soie et d'une vieux tablier signé YSL. Que demander de mieux?
Et malgré son anglais encore plus hésitant que le mien, j'ai passé un moment plus qu' agréable avec la vendeuse, à essayer de converser quelques gentilles banalités et de prendre quelques clichés en souvenir...
Là où je suis une véritable nullité, c'est que je n'ai même pas pensé à lui demander son nom, ni même m' enquérir d'une adresse mail, histoire de garder un petit contact. J'ose espérer que lorsque le site du magasin sera remis à jour, il y aura une liaison possible. J'entends par là, un petit espoir que la totalité du site ne soit pas en japonais. Sinon, c'est pas gagné.
En attendant, j'ai un sacré boulot d'essayage et de coordinations à expérimenter et à vous soumettre!
29 juin 2008
Verte accalmie...
Je sens que l'on va me reprocher de trop parler de shopping et pas assez de Japon.
Pourtant, il ne faut pas se fier aux apparences. Car si mon temps libre n'est que trop réduit à mon goût, mes journées ne sont pas non plus uniquement concentrées sur mon activité dépensière ou sur la recherche de quelques nourritures délectables à se mettre sous la dent.
C'est aussi le besoin d'espace, de verdure, de nature et de calme qui m'attire, quand le temps s'y prête.
Aujourd'hui donc, je vous emmène dans les jardins du Palais impérial, à Tokyo. La quiétude, l'uniformité, la régularité, l'homogénéité, presque la monotonie des lieux invite à ne penser à rien. Juste observer, sentir la quiétude, la béatitude gagner son corps et de temps à autre percevoir le croassement de quelques corbeaux...
26 juin 2008
Cabinet de curiosités
Puisque nous y passons un temps certain et incalculable de notre vie et qu'il fait entièrement et inévitablement partie de notre quotidien, il méritait bien que je lui consacre un petit article. Lui, le cabinet, les commodités, les toilettes, les W.C, les chiottes, les waters, les lieux d'aisance...
Pour comprendre mon soudain très grand intéressement à cet espace, et pour exulter mes délires scatologiques, il faudra pour celà, revenir en arrière de quelques semaines.
C'est à Bordeaux, dans la demeure ayant vu grandir l'Homme, que je me suis arrêtée maintes fois et fort longtemps en ce lieu régulièrement prisé. Depuis le jour de la découverte de cet endroit, j'y ai voué un véritable culte, au point que je pourrais sans angoisse, m'y faire enfermer.
Déjà, sur l'aspect pratique, un tel nombre de rouleaux ouatés mis à ma disposition ne peut que ravir à l'avance mon fessier d' indécrotable immense et déraisonnable consommatrice de la feuille de papier...
Ensuite, la vue sur le jardin verdoyant du voisin, sans être aucunement perçu et aperçu, prête à une détente autre et non négligeable, que de se retrouver ordinairement face à une porte ou un mur carrelé.
Et si la vue ne suffit pas et qu'il est préférable de s'occuper l'esprit en attendant ses soulagements, s'offre alors à l'occupant épisodique du lieu, un large choix de lecture ou de recherche assidue de la carte postale délirante parmi toutes celles présentes.
Oui, j'entre dans ce cabinet comme dans un musée. Je suis fascinée, c'est tout.
Et alors que depuis tout ce temps j'ai visité d'autres lieux loin d'êtres semblables, et que je me suis retrouvée maintes fois la joue collée à une porte ou un mur pour cause d'étroitesse, mon intérêt pour l'objet accueillant mes quotidiennes délivrances est, depuis mon arrivée au Japon quelque peu échauffé.
Voyez-vous, tous ces systèmes conçus pour une hygiène irréprochable et pour que le séjour dans des lieux plus ou moins clos se déroule au mieux, m'amusent follement.
Quand déjà votre fessier s'en est allé se reposer sur un siège chauffant, que vous avez activé une douce musique pour couvrir le bruit de vos petites affaires (oui, il n'est pas convenable de faire du bruit quand on est nippon...), vous avez droit à tout un artifice de petits jets chatouilleurs que vous pouvez régler à volonté...
Mon arrière train d'européenne ne s'en remet point. Avec un tel choc culturel, je me sens contrainte et restreinte à ne me servir finalement que des rouleaux d'une unique et fragile épaisseur...
24 juin 2008
Saint-éthique
Que faire lorsque quelques rares heures de répit se profilent à l'horizon et qu'au dehors, la saison des pluies ne permettent pas un tourisme extraordinaire?
S'enfoncer à l'abri dans quelques immenses et innombrables galeries commerçantes et se laisser aller à quelque menu shopping et surtout à la contemplation des surprises que nous offrent ces temples de la sur-consommation.
What is this que ces choses froufroutantes et colorées? Que de suspens...
... Mais rien d'autres que de la fashionisterie canine, voyons!
Evidemment, là où mon esprit arriérée d'européenne fut heurté, c'est de constater qu'au sein de cette même boutique, se juxtaposaient sans différenciation aucune, ces étonnants vêtements et de la délicieuse dînette pour petite fille, de jolis draps de bain et ensemble de toilette, des boîtes à repas acidulées, des petits carnets, des autocollants attendrissants...
Deuxième choc visuel: l'étalage de la godasse plastico-fluorescente. Soit la jet-lag agit encore sur mon cerveau et m'empêche de voir la chose de façon très objective, soit en effet, vous pouvez me confirmer que je ne rêve pas, et que ce sont bien des horreurs. Auquel cas, voyez-vous, je serais vraiment rassurée de mon état momentanément perturbé de modeuse...
Je pense toutefois que le palmarès du chic et du bon goût revient à cette chose:
Subjuguée par tant de strass, de paillettes et de dégoulinante girlytude, j'ai mis un certain temps à repérer le petit écriteau en anglais et la main démonstratrice. Sans ça, je pense que je serais restée perplexe et n'en aurait pas dormi pendant plusieurs nuits. Oui, à ce point...
Après quelques heures de déambulation au milieu de ces monticules de cheaperies, la vision fatiguée et défectueuse, le cerveau en surchauffe, la langue de putage déliée, encore heureux que Miss Elizabeth était là pour reposer mon esprit embué par bien trop d'émotions...
21 juin 2008
La marinade du voyageur
Le voyageur habitué, un brin calculateur et je dirais même pessimiste, prévoira toujours un kit complet de survie à la propreté et à la fraîcheur placé au fond de son sac, dans le cas si peu probable que de légères perturbations inhérentes à son bon vouloir viennent modifier le planning au combien détaillé et précis de son beau et long voyage.
Pour survivre aux 30 heures qui s'écouleraient entre le départ de Nice et l'arrivée à Fukuoka, j'avais prévu de garder sur moi le même tee-shirt, la même petite culotte et les mêmes chaussettes. Seules quelques brosse à dents, serviettes nettoyantes et rafraîchissantes en tous genres, huile sèche multi-usages et autre baume pour les lèvres avais-je songé garder à ma très proche disposition.
Je savais qu'au bout de ces longues heures, je retrouverais avec joie valise, trousses de toilette, (oui, trousses, parce ce je suis organisée et méticuleuse, et que dans ma valise, je n'aime pas mélanger ma trousse basique de voyage à celle de manucure, de maquillage ou encore de premiers secours...)
J'imaginais et rêvais également qu'au terme de 30 heures, je pourrais m'enfoncer délicieusement entre les draps japonais d'une chambre d'hôtel soigneusement préparée pour notre venue.
La chose impensable et si imprévisible, c'est que plus de 24 heures après avoir claqué la porte de mon appart niçois pour 17 jours d'absence, je serais encore en train de poireauter et moutonner au beau milieu du troupeau composé de mes collègues plus ou moins hilares. Le plus ridicule étant que nous n'étions alors encore et toujours en train de piétiner en plein aéroport de Londres Heatrow, après avoir été contraints de passer une nuit en périphérie de celui-ci.
Durant ces 30 heures + 18 heures de voyage supplémentaire non programmées qui nous ont conduites non à Tokyo comme il était convenu, mais à Osaka, j'ai eu largement le temps de réfléchir à une recette de marinade fort simple, testée, et réussie. Il s'agit tout bêtement de savoir gérer sa propre baignade dans le jus de ses sous- vêtements (et vêtements tout court), sans avoir l'occasion aucune de se changer, 48 heures durant...
Voilà une chose qui m'est en fait parfaitement impossible d'assumer. C'est alors qu'à l'aéroport de Londres, en attendant le décollage pour Osaka, à défaut de n'avoir trouvé de petites culottes à acheter, j'ai au moins pu sauver mon honneur en sautant sur le premier tee-shirt en solde et un indispensable tube de déo. Le duo quasi nécessaire pour paraître fraîche et sentir la rose. Comme au temps de Marie-Antoinette, où le bain était loin d'être quotidien et que "peinture sur merde= propreté" était l'adage du b.a.ba de la beauté.
Cette expérience m'aura appris à placer dans mon sac, en plus de toutes mes petites trousses essentielles, des échantillons supplémentaires de crèmes, quelques cotons, et surtout, surtout.... une culotte proprette de rechange à se mettre sur les fesses, utile dans n'importe quelle circonstance, à la limite une paire de chaussettes, pour éviter de vider en quelques heures un flacon d'huile essentielle de lavande et un tee-shirt (même vieux, délavé et moche) que je serai heureuse de retrouver dans ce genre de situation guère agréable.
Voyageur intrépide et courageux, si tu as déjà eu à gérer ce cas de léger désagrément, en plus de la fatigue et de l'énervement que celà occasionne, sache que je compatis... Sinon, prends mon expérience comme leçon et prévois à ta disposition un kit de survie de première nécessité, pour ne pas paraître (et sentir) plus mouton parmi les moutons arrivé à destination...







































































